Chronique Sauvage  
 
Marc Le FLohic, Photographe Naturaliste
 
"Il y a moins de désordre dans la nature que dans l'humanité."
Edgar Morin
 

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Tuto n°1

       Certains pensent que pour faire une bonne photo, il faut juste faire une mise au point la plus juste possible, profiter d'une bonne lumière, régler son appareil en fonction, et appuyer sur le déclencheur en serrant les fesses pour ne pas bouger. En réalité, le rôle du photographe ne s'arrête pas là. C'est à lui de donner le sens de lecture de sa photo en la construisant de manière cohérente. C'est ce que l'on appelle la composition.

 

      Plusieurs critères entrent en jeu pour y parvenir, mais le premier est sans conteste...

la règle des tiers.

       Utilisée dans tous les arts graphiques, le dessin, la peinture, on la retrouve même dans la publicité, la règle des tiers est un modèle universel, à la manière du fameux triangle d'or. La photographie ne déroge pas à cette règle, et ce, dans toutes les spécialités, portrait, nu, paysage, macro et proxy, nature morte etc...
 
      Nos yeux ne sont pas capables de voir une image dans sa globalité, ni de la comprendre. Ils effectuent une série de balayages en s'attardant sur les points les plus lumineux, un peu comme lorsque l'on balade le faisceau d'une lampe torche sur un mur, dans le noir complet. C'est notre cerveau lui, qui est en charge d'ordonner, d'assembler et d'interpréter ce que nous voyons. En d'autres termes, on peut dire que nous ne voyons pas une image, mais que nous la lisons. La composition est là pour faciliter cette lecture et dicter au regard le sujet que l'on veut mettre en évidence.
      Pour représenter concrètement cette règle, l' image est séparée en tiers, horizontalement puis verticalement, formant ainsi un quadrillage. Ce gabarit sert, non seulement, de repérage pour l'horizon, à localiser le centre de la photo, il permet aussi de décentrer celle-ci en suivant une logique dans sa construction, de faciliter un éventuel recadrage etc...

     Les points chauds :

       Les intersections de ces lignes forment quatre points, appelés "points chauds". Le photographe doit placer sur ces derniers le sujet qu'il veut mettre en valeur.

 

      Sur certains boîtiers dit "experts", comme le Nikon D80, D90, D300 et toute la gamme "pro", on dispose de ces indications dans le viseur comme le quadrillage (qui n'est pas exactement le même que celui montré ci-dessus, mais qui est d'une grande utilité). On retrouve aussi les quatre points chauds qui sont en fait des collimateurs d'autofocus ou points AF *.

* AF = autofocus

Parmi les 11 collimateurs de ce viseur, 4 d'entre eux sont situés sur les points chauds liés à la règle des tiers.

     Un cas concret :   

      Sur cette photo, l'ascalaphe est placé sur un point chaud. Le regard trouve tout de suite une porte d'entrée sur l'essentiel de la photo. Il poursuit ensuite son balayage vers la fleur de la verveine sans se focaliser sur un détail gênant. Le cerveau se charge de faire l'interpolation pour former l'image complète.

      Une composition dans les règles, épurée comme celle-ci avec un fond flou dit "dilué" à de grande chance de retenir au maximum le regard.

 
      Et comme disent beaucoup de photographes. Les règles, apprenez-les, appliquez-les et ensuite oubliez-les.
Marc Le Flohic                
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